Nouveau décaissement de 50 millions de dollars du FMI : des chiffres encourageants, mais un impact social en question
Le Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé un nouveau décaissement de près de 50 millions de dollars en faveur de la Mauritanie, dans le cadre des programmes de la Facilité Élargie de Crédit (FEC), du Mécanisme Élargi de Crédit (MEDC) et du Fonds pour la Résilience et la Durabilité (FRD). Il s’agit de la quatrième revue de ces programmes depuis 2023, marquée une fois de plus par les félicitations de l’institution à la Mauritanie pour sa « résilience » et les « progrès réalisés ».
Selon les dernières données, la croissance économique devrait atteindre 5,2 % en 2024, avec une prévision de 4 % pour 2025. L’inflation est jugée maîtrisée, les réserves de change sont qualifiées de « confortables » et la dette publique se stabiliserait autour de 41 % du PIB.
Cependant, malgré ces indicateurs macroéconomiques positifs, le quotidien de nombreux Mauritaniens reste marqué par la pauvreté, le chômage, la flambée des prix et l’accès limité aux services sociaux de base. Un décalage de plus en plus criant entre les performances économiques affichées et la réalité vécue par la population.
Les réformes saluées par le FMI, telles que les lois anticorruption et les ajustements monétaires, peinent à susciter la confiance. Plusieurs observateurs dénoncent leur caractère cosmétique et estiment qu’elles visent avant tout à satisfaire les exigences des bailleurs de fonds, sans traduire une réelle volonté politique de changement structurel.
Par ailleurs, l’économie demeure fortement dépendante du secteur extractif, exposé aux aléas des marchés internationaux. Les efforts de diversification vers l’agriculture, les services et l’industrie tardent à produire des effets tangibles.
Le FMI note avec satisfaction la stabilisation de la dette publique, mais cette discipline budgétaire s’accompagne souvent de réductions dans les dépenses sociales, au détriment des secteurs vitaux comme l’éducation et la santé.
Avec près de 166,5 millions de dollars décaissés en deux ans, la Mauritanie s’enfonce davantage dans une dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, sans que les retombées se fassent clairement ressentir au niveau des ménages.
Face à cette situation, des voix appellent à un changement profond en matière de gouvernance, de transparence et d’équité sociale. Les partenaires internationaux, de leur côté, sont invités à conditionner leur soutien à des engagements concrets en matière de développement inclusif, afin que les ressources mobilisées servent réellement les intérêts de la population mauritanienne.


