Le FMI évalue la situation financière du Sénégal et soutient un nouveau programme de réformes

EconomieMonde

Une mission du Fonds Monétaire International (FMI), dirigée par Edward Gamiel, a effectué une visite au Sénégal du 19 au 26 août pour évaluer la situation financière et économique du pays et discuter des mesures correctives que le gouvernement entend mettre en œuvre, suite au rapport de la Cour des Comptes publié en février dernier.

La mission a examiné les causes et l’ampleur des « anomalies » dans les données financières entre 2019 et 2023, ainsi que l’évolution de la dette publique et la possibilité d’établir un nouveau programme soutenu par le FMI.

Edward Gamiel a salué l’engagement des autorités sénégalaises en matière de transparence et de responsabilité financière. Il a précisé que les discussions ont porté sur des réformes structurelles, notamment la centralisation de la gestion de la dette, le renforcement du rôle de la Commission nationale de la dette publique, l’achèvement de l’audit des arriérés, la création d’une base de données centralisée et le renforcement progressif du compte unique du Trésor.

Le FMI a réaffirmé sa disponibilité à soutenir Dakar dans la conception d’un programme de réformes centré sur quatre priorités : la transparence financière, la relance des secteurs stratégiques, la justice sociale et la résilience face au changement climatique.

Cette visite intervient dans le cadre de la présentation, le 1er août, par le Premier ministre Ousmane Sonko en présence du président Bassirou Diomay Fay, d’un plan de réforme économique et sociale visant à corriger ce que le gouvernement a qualifié de « fardeau économique catastrophique ».

Le plan repose à 90 % sur des ressources locales estimées à 5,667 milliards de francs CFA pour la période 2025-2028, incluant des recettes fiscales supplémentaires (2,111 milliards), le recyclage d’actifs (1,091 milliard) et des financements alternatifs non liés à la dette (1,352 milliard).

Les réformes incluent des mesures institutionnelles, l’amélioration de la gouvernance, la rationalisation des dépenses publiques et l’augmentation des recettes via la fiscalité numérique, verte et bleue, ainsi que l’exploitation des terres.

Un audit réalisé par Forvis-Mazars a révélé que la dette publique centrale, estimée à 74,4 % du PIB fin 2023, a été réévaluée à 111 %, pour atteindre 118,8 % fin 2024 en raison d’engagements antérieurement non déclarés.