Le président syrien Ahmed al-Chareh et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ont supervisé, mercredi 4 novembre à Riyad, la signature d’un accord de coopération militaire entre les ministères de la Défense des deux pays. Ce rapprochement stratégique, concrétisé lors de la seconde visite officielle du chef d’État syrien dans la capitale saoudienne en moins d’un mois, marque un tournant majeur dans la reconfiguration diplomatique et sécuritaire régionale observée depuis la fin du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024.
Si les termes exacts du partenariat militaire demeurent confidentiels, les discussions ont porté sur une coopération sécuritaire élargie dans le contexte de la montée des tensions régionales et de la sécurisation des routes maritimes stratégiques en mer Rouge et dans les détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz. Selon des sources diplomatiques, Damas évaluerait la possibilité d’apporter un soutien logistique ou opérationnel à Riyad face aux attaques des rebelles houthis, tandis que des concertations préalables ont évoqué l’éventuelle intégration de la Syrie à une alliance de défense multilatérale associant l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.
En parallèle du volet sécuritaire, l’Arabie saoudite a annoncé l’octroi d’une enveloppe de prêts concessionnels dépassant 403 millions de dollars destinés au financement des infrastructures prioritaires en Syrie, notamment dans l’énergie, le logement et la santé. Pour Riyad, cet accord renforce son rôle pivot au Levant, tandis qu’il offre à la Syrie des perspectives décisives de réintégration internationale et d’appui financier pour la reconstruction du pays après quatorze années de conflit.

