La France est entrée ce jeudi 5 novembre dans une journée de mobilisation sociale d’ampleur baptisée « jeudi noir », marquée par une convergence entre syndicats, mouvements lycéens et rassemblements de contestation citoyenne. Dès les premières heures de la matinée, des blocages d’établissements scolaires ont été signalés dans plusieurs académies, notamment aux lycées Montmajour d’Arles, Thiers à Marseille ou encore Hélène-Boucher à Paris, tandis que des actions de barrages filtrants ralentissaient la circulation automobile, comme sur l’autoroute A57 à Toulon.
Face à des prévisions de participation estimées entre 500 000 et 700 000 manifestants en région et une multiplication des cortèges à l’échelle nationale, les autorités sécuritaires ont classé l’événement « à haut risque ». Les services de renseignement ayant alerté sur de fortes probabilités de dégradations et de heurts, le ministre de l’Intérieur, M. Laurent Nuñez, a ordonné le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes sur le territoire, appuyés par un dispositif d’intervention renforcé comprenant des moyens aériens par drones et des unités spécialisées.
Dans la capitale, le cortège parisien doit s’élancer à partir de 14 heures de la place de la République en direction de la place de la Nation, suivant un itinéraire fixé sous contrôle préfectoral et judiciaire. Alors que les secousses de la grève perturbent fortement les réseaux de transports ferroviaires et régionaux (TER et RER), la secrétaire générale de la CGT, Mme Sophie Binet, a appelé à maintenir la pression sociale tout en dénonçant la dramatisation sécuritaire de cette journée d’action interprofessionnelle.

