Les familles de cinq citoyens mauritaniens interpellés par l’armée malienne le 27 avril dernier sont sorties du silence pour interpeller solennellement les plus hautes autorités de Nouakchott. Six mois jour pour jour après leur arrestation, les proches dénoncent un manque total d’informations et réclament l’intervention immédiate du gouvernement mauritanien pour obtenir leur libération ou faire toute la lumière sur leur sort.
L’appel a été relayé ce mercredi 28 octobre par Mohamedou Ould Aabar, président du comité de suivi mis en place par les familles. Selon les éléments communiqués par le collectif, les cinq hommes auraient été appréhendés par des militaires maliens alors qu’ils se trouvaient sur le marché de Dimara, avant d’être transférés aux services de la Sécurité d’État du Mali. Depuis ce transfert, aucune donnée sur leur lieu de détention, leur état de santé ou les griefs retenus contre eux n’a été transmise aux proches.
Face à cette situation d’incertitude, le collectif s’est adressé directement au président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au Premier ministre M. Mokhtar Ould Diay, ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères M. Mohamed Salem Ould Merzoug. Le président du comité exige que Bamako présente les détenus devant la justice s’ils sont poursuivis, ou que toute la vérité soit dite aux familles afin de mettre un terme à ce qu’il qualifie d’obscurité totale.
Cette vive préoccupation s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement critique le long de la frontière entre la Mauritanie et le Mali. Marqué par des accusations récurrentes d’exactions et d’arrestations arbitraires visant des commerçants et éleveurs mauritaniens en territoire malien, ce secteur a récemment été le théâtre d’une frappe de drone attribuée à l’armée malienne près du cercle de Goundam, exacerbant les tensions diplomatiques entre les deux pays voisins.
